Avant toute chose,
il faut garder à l’esprit les
points suivants :
a) Les argiles sont
toutes des silicates simples ou complexes
d’aluminium, magnésium et fer
principalement.
b) Il existe une grande
variété d’argiles qui
sont différentes par :
- leur structure moléculaire, donc
cristalline
- leur composition chimique
Les plus courantes
sont, par ordre alphabétique :
Attapulgites,chlorites,illites,kaolinites,sépiolites,smectites
(comprenant elles-mêmes de
nombreuses variétés telles
que beidellites, montmorillonites,nontronites,bentonites
naturelles)
c) La différenciation
se fait uniquement par diffraction aux rayons
X, les autres analyses
possibles telles que :
- chimiques, thermiques différentielles
microscopies, électroniques.
Ne servant qu’à préciser
tel ou tel point sur une argile donnée.
d) La plupart du temps,
ces variétés ne se trouvent
pas pures dans la nature, mais en mélanges
entre elles pour former ce qu’il est
convenu d’appeler un minéral
argileux qui est lui même contaminé
par du sable, du calcaire ou de la dolomie,
et bien sûr des traces d’éléments
ou de matières organiques qui sont
à l’origine de la couleur de
l’argile.
C’est ainsi que,
quel que soit le type d’argile considéré,
une présence de fer à l’état
ferreux
donnera au produit une couleur tendant vers
le vert, et de fer à l’état
ferrique vers le rougeâtre
Deux argiles de même
type et de caractéristiques identiques,
peuvent donc être de couleurs
différentes, et parallèlement
deux argiles de même couleur peuvent
avoir des propriétés
complètement différentes.
Explication des méthodes
usuelles de contrôles des argiles
Pour mieux saisir
et comprendre ce qui précède,
il faut expliquer les méthodes de
contrôles
utilisées et leurs possibilités
respectives.
1) Diffraction aux
rayons X.
En faisant traverser
une couche mince du minéral par un
faisceau de rayons X qui arrive sous
une incidence variable, on enregistre les
angles de diffraction qui correspondent
aux espaces
inter-réticulaires, c’est à
dire à la dimension de la maille
moléculaire.
Chaque type d’argile est ainsi défini
par la présence de pics sur les enregistrements,
à des
positions bien déterminées,
par exemple 10,5 A° pour l’attapulgite,
7 A° pour le Kaolin ou
12 A° pour la sépiolite ( A°
= angström, unité valant un
dix millionième de millimètre
).
2) Analyse thermique différentielle
A.T.D.
En augmentant de façon
régulière, par un apport de
chaleur constant, la température
de
l’échantillon à analyser,
on constate qu’à des températures
bien précises pour chaque
échantillon, il se produit un abaissement
subit de la température correspondant
à l’évaporation d’une
partie d’eau de constitution ( pic
endothermique ) ou une élévation
subite de la température, ( pic exothermique
) correspondant à un changement d’état.
La position de ces différents pics
sur la courbe A.T.D est caractéristique
d’une argile donnée
3) Microscopie électronique
à balayage ou à transmission.
Les dimensions des
particules d’Argiles sont si faibles,
qu’elles ne peuvent être examinées
par des moyens conventionnels ( binoculaires
ou microscopes ). Il faut donc utiliser
un microscope électronique à
transmission ( M.E.T. ) ou à balayage
( M.E.B. ) pour étudier ces poudres
d’Argiles.
Ces examens permettent de connaître
les formes des cristaux unitaires de chaque
type d’Argile :
• empilements « d’assiettes
» pour les Kaolinites
• Battonets pour les attapulgites
et les sépiolites
• Assiettes enroulées sur elle-même
à la manière de cigarettes
russes et donnant ainsi l’aspect d’un
tube creux, pour les halloysites
• Empilements de plateaux plus ou
moins tourmentés pour les smectites.
L’identification
des différents types d’Argiles
ne peut se faire de façon précise
par une analyse chimique classique. En effet,
deux argiles ayant le même type d’analyse
chimique peuvent être de type complètement
différent ( par exemple des attapulgites
et des montmorillonites situées sur
la même carrière à des
hauteurs différentes dans la stratigraphie
peuvent avoir exactement la même analyse
chimique).
Le seul moyen précis d’identification
est donc la diffraction X qui en mesurant
l’espace entre
deux feuillets élémentaires
permet de façon sûre de classer
le minéral.
4) Analyse chimique.
Elle apporte un complément
aux analyses précédentes,
car les taux de Mg, Fe, ou Na
permettent de connaître les éléments
échangeables et leur facilité
d’échange.
5) Capacité d’échange
ionique
Avec ce contrôle,
nous entrons dans le domaine des caractéristiques
utiles des pouvoirs de
l’Argile.
Cette mesure permet de déterminer
la capacité d’une argile à
remplacer un certain type d’ions qu’elle
possède dans sa structure, par d’autres
prélevés sur le milieu avec
lequel elle est en contact. Il s’agit
donc d’une véritable mesure
d’activité de l’Argile.
Le principe de la mesure est simple :
On met de l’argile en contact avec
une quantité donnée des produits
que l’on veut faire
adsorber ( ne pas confondre avec absorber,
qui n’est rien de plus que la capacité
d’une
éponge, alors que l’adsorption
met en jeu des liaisons chimiques ) ; après
un temps de contact déterminé,
on dose la quantité de produit n’ayant
pas été adsorbée et,
connaissant la quantité d’argile
mise en jeu, on peut déterminer les
possibilités de fixation.
Généralement, on ramène
les poids de produit absorbé en équivalent
moléculaire et l’on
exprime la C.E.C. ( Capacité d’Echange
de Cations ) en milliéquivalents
pour 100 g d’argiles.
Ces capacités vont de 10 meq / 100g
pour une Kaolinite à 80/90 meq /
100g pour
une smectite.
6) Analyses spécifiques
diverses
Outre les analyses
décrites précédemment,
il existe d’autres mesures destinées
principalement à connaître
les comportements de l’Argile en dispersion
dans l’eau.
Ce sont des mesures de :
• Tyxotropie ( capacité à
former un gel dès que l’on
arrête l’agitation de la suspension
).
• Plasticité, en fonction du
rapport eau / argile
Carrières et extraction
L’argile que
nous avons choisie pour ses propriétés
et son activité est une smectite
aluminoferrifere du type Montmorillonite
qui contient à l’extraction,
suivant la couche considérée,
3 à 5 % de silice et 5 à 10
% de carbonate de calcium. On ne décèle
pas la présence d’autre type
argileux autrement qu’à l’état
de traces ( attapulgites ).
Les extractions sont
faites par lots de 500 Tonnes ( 25/30 Tonnes
pour les argiles Sardes )
en une seule fois, en prenant soin de n’enlever
que la quantité nécessaire
du « toit » qui se trouve au-dessus
de l’Argile et la protège des
contaminations.
L’argile extraite est alors stockée
dans un bâtiment couvert, mais aéré
par une différence de niveau des
toitures, les parois du bâtiment étant
translucides pour permettre un effet de
serre et donc un pré-séchage
à l’abri de toute pollution.
Traitement
Le temps de séjour
dans le hangar de pré-séchage
permet une réduction du taux d’humidité
de 25 % ( moyenne à l’extraction
) vers 15-18%, l’argile est alors
concassée à une dimension
moyenne inférieure à 200 mm,
puis envoyée dans un séchoir
rotatif en acier inoxydable alimenté
par un générateur d’air
chaud ( pas de contact entre l’air
de séchage et les gaz
de combustion ).
La température
de séchage est rigoureusement contrôlée
de manière à ce que l’Argile
ne
dépasse pas 90 °C. Un criblage
à 15 mm en sortie de séchoir
recycle les produits
incomplètement secs, tandis que l’argile
inférieure à 15 mm peut être
soit ensachée
( concassée ), soit broyée.
Broyage
Il est effectué
sur un ensemble FORPLEX équipé
d’un sélecteur dynamique qui
permet par
variation des vitesses de rotation du sélecteur
de sortir toutes les granulométries
désirées :
• Inférieure à 77 µ
( Surfine )
• Inférieure à 45 µ
( ventilée )
• Inférieure à 20 µ
( micronisée )
Contrôles Laboratoire
a) Avant extraction
Diffraction X et recherche
des pesticides pour déterminer la
zone d’exploitation et les rejets
devant être effectués si nécessaire
b) Après extraction
Contrôle sur
échantillon moyen : Diffraction X,
Analyse chimique, C.E.C.
c) En cours de fabrication
Analyse journalière
des lots portant sur les points suivants
:
• Granulométrie
• Taux de silice
• Taux de carbonates
• Densité
• Pourcentage H2O
d) Sur produits finis,
par lots de 5 Tonnes
• Diffraction
X
• Capacité d’Echange
de Cation
• Dosage Plomb et Arsenic
• Bactério |